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Article d’André Arru paru dans le n° 310 de « L’UNION PACIFISTE » (juillet 1994)
A LA RECHERCHE DE LA PAIX…
Article mis en ligne le 13 octobre 2008
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Nous sommes obligés de constater que si les militaires, les gouvernants, les gouvernés, les médias, ont souvent le mot PAIX à la bouche et au fil de la plume, les résultats de leurs cogitations au sein de l’O.N.U. ne donnent pas les aboutissements escomptés.

Il est vrai que la solution PACIFISTE n’est pas inscrite dans l’histoire des nations. Seules quelques individualités, associées ou non, se démarquent de l’ensemble des groupes humains en refusant l’armée, la guerre, la violence comme possibilité d’imposer ou de rétablir la PAIX. Lorsque le secrétaire général des Nations Unies, BOUTROS GALI, propose une action militaire au Rwanda, c’est en fait demander l’autorisation de refaire ce qui a été fait en Irak. Hélas ce n’est pas la paix qui règne en ce pays, mais le silence, un silence de morts. Le silence de dizaines ou de centaines de milliers de victimes ensevelies par les « tapis de bombes » apportés et lâchés par les avions U.S.A. (cautionnés par l’OTAN et l’ONU) et qui se sont abattus sur l’armée, mais aussi sur les villes et les civils irakiens. Ajoutons à ce tableau les ruines, les misères, les handicapés à vie, les haines qui en découlent.

Non cette violence n’a pas été utile à l’humanité, SADAM HUSSEIN est toujours vivant, toujours au pouvoir, malgré ses crimes, et la population irakienne doit reconstruire et vivre dans des conditions misérables. En contre partie nous dit-on, le Koweït a été rendu à la démocratie !... L’humour noir, dit-on aussi, est une preuve de santé morale !!

Si pour la Bosnie, l’O.N.U. s’engage dans cette voie interventionniste, elle jouera avec le risque de provoquer la troisième guerre mondiale. Ne pas oublier que la guerre de 1914 a trouvé l’excuse de son déclenchement à Sarajevo…

Non l’O.N.U. ne peut pas suivre les conseils délirants des « grands penseurs et intellectuels politiques » qui voudraient lancer les Nations Unies ou à défaut la France dans la fournaise balkanique. L’un d’eux parlant du Rwanda, dont il revenait, a spécifié : « Je ne suis pas pacifiste ». Il avait dit aussi qu’il n’était pas partisan de la guerre, que les morts resteraient morts mais que l’on pourrait sauver une partie de ceux qui sont encore des vivants. Il oubliait de dire que cette opération ferait, de part et d’autre, de nouvelles victimes et qu’il ne pouvait savoir quand ce nouveau combat cesserait.

Au Rwanda, comme dans l’ex-Yougoslavie, les actions et « situations insoutenables » qui font frémir la raison et les sentiments sont le fait de toutes les armées. Ouis, de toutes, hélas ! Récemment encore des chefs militaires et politiques ont justifié la torture après l’avoir faite pratiquer.

Si l’ ESSENTIEL c’est la PAIX, L’ O.N.U. ne peut intervenir militairement, même avec les meilleures intentions, le résultat en serait, encore et toujours, de nouvelles victimes.

Depuis que les Serbes ont fait leur entrée dans les Balkans, au septième siècle de notre ère, ils tentent de libérer et/ou d’agrandir leur territoire. Tantôt vainqueurs, tantôt vaincus, tantôt bourreaux, tantôt victimes. Les autres nations qui composent les Balkans sont passées par une histoire semblable. Cela laisse des blessures sensibles, profondes, que réveillent à chaque génération les haines, les désirs de vengeance, lesquels à leur tour ébranlent la raison, l’intelligence, les sentiments humains.

Lorsqu’on veut la Paix, il faut partir du principe – qui est aussi réalité – que toute violence organisée est et sera un échec pour y parvenir. Il n’y a pas de guerre juste, elles sont toutes injustes. La guerre est immorale parce qu’elle apprend aux êtres humains, jeunes pour la plupart, à espionner, égorger, supplicier, anéantir son semblable, sans l’avoir jamais vu. Torturer l’adversaire comme il s’est fait dans les derniers conflits, c’est non seulement immoral, mais lâche. Il en est de même pour les bombardements massifs sur une cité, un territoire peuplé.

Mais la paix réelle et durable ne viendra pas toute seule. Pour la préparer, il est nécessaire de rechercher les causes premières qui empêchent les êtres humains de se comprendre pour vivre ensemble. Il faut que les conditions de vie de l’individu, de sa famille, du territoire où il habite, correspondent à un équilibre où chacun trouve sa place, sa raison d’être.

La violence existe partout. La guerre n’est qu’un aboutissement. Les conditions économiques imposent à des populations des famines latentes ou virulentes, une mortalité infantile qui devrait être insupportable aux nantis, le tout complété par une démographie galopante, facteur supplémentaire d’appauvrissement.

La guerre ? Les budgets mondiaux de l’armement se chiffrent à quelques TROIS MILLE MILLIARDS DE DOLLARS PAR AN. Pourquoi un tel acharnement à produire des armes qui ne peuvent apporter que ruines et cadavres ?

Pourquoi vendre les dites armes à des populations qui se sont déjà entretuées et qui vont non seulement continuer, mais encore amplifier leur massacre ?

L’ensemble des secteurs de l’économie est à réadapter aux temps présents. Le progrès ne consiste pas à investir dans des machines tout en renvoyant au chômage les salariés qui sont à l’origine de cette révolution industrielle. Il faut lutter pour que changent les modes de production, d’emploi et le partage des richesses qui en découle. Quant à la répartition des tâches, elle ne justifie pas les disparités sociales.

En France, les DROITS DE L’ HOMME (qui devraient s’appeler les DROITS DE LA PERSONNE HUMAINE) sont à la mode. Ils servent le plus souvent d’entité et d’affiche électorale, une sorte de tarte à la crème.

Dans un pays qui compte trois millions de chômeurs, un million de S.D.F., deux cents mille jeunes qui tous les ans se présentent à l’emploi, le DROIT AU TRAVAIL reste à appliquer et les intéressés doivent le défendre et l’exiger. Les salariés par solidarité pour les chômeurs, et aussi pour préserver leur avenir.

Il en est de même pour le désarmement. L’Union Pacifiste propose aux Français et à leur gouvernement le désarmement unilatéral – pour donner l’exemple -. Ce qui permettrait entre autres choses, de récupérer les quelques TROIS CENTS milliards de francs du budgets de la prétendue défense nationale, qui pourraient être relancés dans l’économie, la santé, le savoir, la recherche… Six sénateurs ont accepté de présenter ce projet de loi au Sénat. Il sera ensuite présenté à la Chambre.

Rappelons que de toutes façons, la défense nationale est un leurre. Ainsi en 1939, la France était théoriquement à l’abri de toutes les invasions possibles : la ligne MAGINOT qu’aucune armée ennemie ne pouvait franchir, barrait la route ! En y ajoutant les stocks d’armement accumulés depuis vingt ans, l’aviation militaire et ses as, l’artillerie légère et lourde (Oh ! Combien !), enfin l’armée française et coloniale de « biffins » bien cramponnés au sol, rien ne pouvait empêcher nos soldats d’aller « faire sécher leur linge sur la ligne SIEGFRIED ». En quelques semaines, l’armée allemande se trouvait sur la frontière espagnole…

Les batailles sont ainsi faites : on gagne et on perd. En 1870 il y eut Sedan, en 1815 Waterloo, en 1916 Verdun, en 1954 Diên Biên Phu. Ainsi vont les guerres, les ruines, les morts…

ET SI ON JOUAIT A LA PAIX ?

Saulière-Arru


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