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Brochure :
Les Coupables (1943) - 6 -
Chapitre V : Conclusion
Article mis en ligne le 18 mai 2011
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[|CHAPITRE V|]

[|Conclusion|]

Nous sommes obligés de reconnaître qu’il n’a jamais existé de gouvernement juste, c’est-à-dire satisfaisant pour tous et même satisfaisant pour les majorités [1].

D’autre part, la loi, par sa rigidité, ne tient compte d’aucun cas particulier. L’individu est sacrifié à la loi, lorsqu’en définitive la loi devrait servir à l’individu, l’aider à vivre.

Jusqu’à présent on a cherché à remédier aux défauts des lois en y ajoutant d’autres lois. Les résultats ont toujours été désastreux, et c’est par ces systèmes que les Républiques sont arrivées à employer des moyens dictatoriaux (décrets, vacances de chambres, directoires) et ont préparé les chemins aux dictatures et au fascisme, sa dernière expression.

De même qu’on ne peut prétendre remédier aux méfaits de la guerre en faisant la guerre, on ne peut remédier aux méfaits des lois en édictant de nouvelles lois.

La loi est une contrainte. Au mieux, elle ne peut être, par le jeu que nous expliquons (note 4) que l’expression d’une minorité infime, et le plus souvent, par un jeu de marchandages et d’intérêts, la volonté d’expression d’un simple groupe d’individus.

Par cela il est impossible que la loi existe en un milieu qui veut vivre dans la fraternité et dans la liberté. La logique impose donc le raisonnement suivant : des sociétés embouteillées par les lois, il faut passer aux sociétés sans lois, ce qui ne veut pas dire sociétés inorganisées.

image publiée sur http://www.lecoquelicot.info/lepistilnoir3.html

Du centralisme, c’est-à-dire l’organisation sociale dans les mains de quelques-uns, passons au fédéralisme, au syndicalisme et au communalisme : l’organisation sociale dans les mains de tous [2].

Des valeurs fictives, basées sur le bénéfice autrement dit sur l’exploitation de l’homme par l’homme : rente, bourse, banque, commerce, etc..., en un mot tout ce qui représente l’Intérêt, passons à l’unique valeur réelle : le travail productif, c’est-à-dire le travail de tous dont le produit se répartit également à tous [3].

Cette société nouvelle, dont nous donnons les bases à la fin de cette brochure*, possède des rouages beaucoup moins compliqués que celle dans laquelle nous vivons, elle est donc plus simple, plus facile à organiser. L’organisation est rationnelle, parce qu’elle s’appuie sur la logique et sur les réalités.

Par sa souplesse elle permet la satisfaction des besoins économiques et intellectuels de tous les individus. Par sa conception extrême de la liberté, elle permet l’acheminement continuel vers le progrès sous toutes ses formes.

Pour la réaliser, il faut une Révolution.

La Révolution doit se préparer sur le même plan de logique et de réalité que la société à venir.

La Révolution ? Oui ! Mais quand et comment ?

Quand tous ceux qui pensent comme nous, voudront joindre leurs activités à la nôtre, unir leurs efforts aux nôtres pour créer une force capable au moment propice de canaliser les remous populaires vers la destruction de toutes institutions de servitude et vers l’organisation fédérale syndicalo-communaliste, qui permettra à tous de travailler alors à l’évolution générale.

C’est une question de forces à créer.
C’est une question de circonstances à faire naître.

C’est à quoi nous nous attachons. Déjà est en marche la Fédération Internationale Syndicaliste Révolutionnaire, soutenue par un certain nombre de groupes dont la philosophie est quelquefois différente, mais dont la construction économique et culturelle s’avère identique.

Que tous ceux qui sont avec ou près de nous, viennent nous y rejoindre et il est probable que, dans les prochaines révoltes populaires, l’organisation sociale que nous préconisons vaincra toutes les coalitions.

A l’oeuvre donc ! Nous ne demandons pas l’unité d’action, ni de pensées, mais nous demandons l’Union dans l’Action, l’identité des points « intransigibles » dont nous répétons l’essentiel :

Nous voulons la paix sur notre globe, paix sans canons, sans munitions, sans fabriques d’armements, sans maréchaux, sans généraux, sans soldats.

Nous voulons aussi la Paix dans la Paix, c’est-à-dire suppression des inégalités sociales.
Travail pour tous, produits pour tous.

Nous voulons la liberté que nous définissons par ce critère : « La liberté consiste à faire ce qui plait à l’individu sauf ce qui peut porter préjudice à tout autre individu ».

Trop simple, trop beau, dites-vous ? C’est vrai, beau et simple, mais Jamais Trop.

FISP

Notes :

[1Ne parlons pas des régimes monarchiques ou dictatoriaux qui sont l’expression d’une infime minorité. Mais les Républiques qui prétendent par le système du vote représenter la majorité, que sont-elles en réalité ? Les représentants sont élus à la moyenne la plus forte de soixante dix pour cent de majorité soit trente pour cent de minorité. Les lois faites par les représentants du peuple sont adoptées avec un maximum de soixante et dix pour cent de majorité (à condition qu’elles ne soient faites ni par décrets, ni par commissions, mais par toute l’assemblée), soit encore trente pour cent de minorité qui, ajoutés aux autres, font soixante pour cent. Il en résulte que la loi, au mieux aller et avec le plus grand optimisme, représente quarante pour cent des votants. Mais pour être juste, il faudrait tenir compte des alliances, des absences, des marchandages, etc., ce qui doit ramener le pourcentage des satisfaits par la loi à environ dix pour cent.

[2Il ne faut pas confondre le syndicalisme révolutionnaire qui permet à tout producteur de faire entendre et adopter son avis avec le syndicalisme réformiste (Jouhaux, Belin, Lagardelle), qui permet seulement aux chefs de garder leurs prébendes.

[3Egal ne veut pas dire ici : même poids, même mesure, mais, suivant la satisfaction des besoins de chacun en rapport avec la production générale.


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