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Les Archives André Arru
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Correspondances Voline/Arru (1)
Sur Voline
Article mis en ligne le 1er février 2016

par SKS
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Ci-dessous une courte introduction aux correspondances échangées entre Voline et André Arru. Le visiteur pourra utilement se reporter aux articles suivants :

- "Témoignage pour le CIRA" http://www.raforum.info/archivesarr...

- "Voline n’est plus" http://www.raforum.info/archivesarr...

- "Un militant exemplaire : Vsévolod Mikhailovitch VOLINE" http://www.raforum.info/archivesarr....

Voline

Vsévolod Mikaïlovitch Eichenbaum, dit Voline, habite alors une modeste chambre, au quatrième étage du 1, rue Edmond-Rostand, tout près de la Préfecture, où il doit se rendre pour contrôle à intervalles réguliers.

« Par ses antécédents politico sociaux et son origine juive, ce compagnon courait les risques que l’on peut deviner... Homme d’une vaste culture, nanti d’un bagage expérimental considérable, esprit droit et caractère élevé en même temps que ferme, sa conduite se caractérisait par l’austérité, la simplicité et une moralité irréprochable . » (Bulletin du CIRA, 1er semestre 1985, n° 23/25 « LES ANARCHISTES DANS LA RÉSISTANCE »)

André passe donc un soir chez Voline, se présente. Intimidé mais vite mis à l’aise, il lui expose ses projets : il souhaite recréer un mouvement anarchiste, évidemment clandestin, contacter les anciens compagnons, faire toute propagande possible, et unir les tendances.

« J’avais été un peu inquiet lorsque je lui exposai que je considérais comme indispensable l’union de tous les anarchistes. J’avais ouï dire qu’il était un peu buté dans ses idées et j’ignorais la théorie de la synthèse. Pour moi ce n’était pas encore une théorie mais une pratique nécessaire pour nous faire entendre et dépasser le stade du « quarteron ». A mon tour donc je rentrais dans son jeu, ce qui le combla. Notre entente s’affermit encore lorsque je lui expliquai que nous avions décidé que notre lutte était spécifique et devait se différencier de celles des gaullistes et des communistes. Il nous fallait dénoncer le nazisme et le fascisme, idéologies et pratiques, mais aussi le capitalisme qui en est le porteur, l’inventeur, le responsable. » (Bulletin du CIRA, septembre 1984, n° 21/22, « LES ANARCHISTES ET LA RÉSISTANCE »)

Voline l’écoute avec attention, pose quelques questions, puis le met au courant de sa propre situation. Les interrogatoires « réglementaires » de la Préfecture se passent sans anicroche ; en fait, malgré un dossier épais, il est perçu comme un utopiste par les policiers français impressionnés par son apparence, sa connaissance de la langue française et sa philosophie anarchiste dont il ne se cache nullement. Pour vivre, petitement du reste, il donne des leçons particulières de français et d’allemand, fait des traductions et tient la caisse du Théâtre Le Gymnase. En outre il travaille à son œuvre principale, La Révolution Inconnue. Mais, malgré le peu de temps dont il dispose, et l’insécurité de sa situation, il accepte de participer aux réunions du groupe clandestin. André note :

« Je partis de chez lui enchanté, gonflé à bloc, éprouvant une joie énorme. Ce n’était pas tous les jours que des camarades expérimentés acceptaient, en ces temps difficiles, de partager notre activité. » (Bulletin du CIRA, septembre 1984, n° 21/22. « LES ANARCHISTES ET LA RÉSISTANCE »

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Pour en savoir plus sur Voline :

- Voline sur la revue "Itinéraire" sur http://www.raforum.info/archivesarr...

- Dictionnaire du mouvement ouvrier (le Maîtron) sur
http://maitron-en-ligne.univ-paris1...

et

- Dictionnaire des militants anarchistes (http://www.militants-anarchistes.in...) dont nous proposons ici un extrait concernant la période évoquée ci-dessus :

Avec l’invasion nazie, Voline, allait vivre dans des conditions matérielles très difficiles et dut faire face à un triple danger en raison de son militantisme, de ses origines juives et enfin de son appartenance à la Franc-maçonnerie. A Paris, il était membre de la loge Clarté du Grand Orient de France – il avait été initié le 27 janvier 1930 et était devenu maître le 22 mars 1932 – puis de la loge Parfaite-union à Marseille, où il s’était installé entre temps. Dans un rapport de police daté du 17 décembre 1940, il fut soupçonné d’avoir été l’inspirateur d’un tract clandestin intitulé Peuple et signé « Anarchistes révolutionnaires », prenant la défense des juifs et des francs-maçons, tract distribué à Paris en novembre 1940. Toujours selon la police, ce tract avait inquiété les anciens membres de l’Union anarchiste dont Fernand Fortin, qui ne jugeaient « pas le moment favorable à la reprise d’une propagande active » et redoutaient qu’à « la faveur d’une publication clandestine de factums leur échappant, des mesures d’ordre général soient prises à l’égard des anarchistes parisiens » (cf. rapport du 17 décembre 1940).

A partir de décembre 1941, avec André Arru, Voline, dont la deuxième compagne était morte à Aix-en-Provence le 15 décembre 1939, anima à Marseille un groupe anarchiste international composé d’un Tchèque, d’Espagnols, d’Italiens et de Français. Tous deux rédigèrent des tracts et une brochure : Les Coupables, un journal la Raison, ainsi que des affiches : Mort aux vaches et A tous les travailleurs de la pensée et des bras. Cette propagande fut effectuée sous le sigle Fédération internationale syndicaliste-révolutionnaire et, malgré son âge, Voline apporta son concours aux collages et distributions de tracts organisés.

A la Pentecôte 1943, Voline participa avec Arru et Laisant au congrès anarchiste clandestin de Toulouse, puis l’année suivante (octobre 1944), il se rendit à Agen, au congrès de préparation de la future Fédération anarchiste. Bien que malade, il acheva la rédaction de son œuvre majeure : La Révolution inconnue, préfacée par Gustave Franssen et assura la rédaction de quatre brochures intitulées Les Petits cahiers, publiées sous l’égide de la Fédération libertaire Région-Sud. Il était alors hébergé à La Treille (Marseille) par le compagnon espagnol F. Botey

Voline mourut à Paris le 18 septembre 1945, à l’hôpital Laennec, de tuberculose, maladie contractée à la suite de ses emprisonnements. Il fut incinéré au Père-Lachaise en présence de nombreux militants anarchistes.
La Révolution inconnue, le « devoir de conscience » de Voline, fut édité peu après par l’Association des amis de Voline et la publication assurée par Jacques Doubinsky. Lors de sa parution l’ensemble du mouvement anarchiste rendit un vibrant hommage à Voline. La dernière version de l’ouvrage publiée en 1986, fut enrichie par des manuscrits donnés par son fils Léo.




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